19 novembre 2019

Mot de conclusion de la journée Mission de France, le 11 novembre, par Sadna LESECQ, déléguée CMDF de la région Ile-de-France

"Avant de se quitter, j’aimerais revenir sur le thème de cette journée et se redire brièvement comment Madeleine nous invite à aller vers une Eglise plus ouverte.

  Premièrement, elle nous invite à sortir hors de nous-mêmes, à quitter notre lieu chrétien pour aller à la rencontre de ceux qui sont différents car elle dit des chrétiens : « nous n’avons pas le monopole de la vie chrétienne ni le monopole de l’Evangile. Des gens peuvent vivre autrement que nous et être de parfaits chrétiens (ce que le théologien Karl Rahner définira comme des chrétiens anonymes).  Des gens peuvent, au nom de l’Evangile, voir les choses autrement que nous et être fidèles à l’Evangile.  De cela, il faut être convaincu si on veut être du Christ et de l’Eglise et non une cellule close et par conséquent condamnée à mort. »[1] Deuxièmement, elle nous invite à redécouvrir notre vocation de baptisée dans la vie ordinaire de tous les jours et à éliminer la distinction entre le profane et le sacré.  

Pour Madeleine, il existe deux types d’appels.

  « Ceux à qui le Seigneur dit : Viens et suis moi et ceux à qui il dit : Retourne dans ta maison et raconte ce que Dieu a fait pour toi , invitation que Jésus fait au démoniaque gérasénien (Lc 8, 26-40 ; Mc 5, 1-20) qui, libéré de ses démons voulait suivre Jésus qui l’avait guéri. »[2]  Madeleine et ses compagnes vont être les premières, dix ans avant les premiers prêtres de la Mission de France à répondre à cet appel à aller témoigner de l’Evangile auprès de ceux avec qui elles vivent, leurs compagnons de travail, leurs voisins de quartier.  Leur lieu de mission va être la rue, le travail, le quartier.   Même un bistrot peut être un lieu liturgique comme elle le dit dans le texte de la Liturgie des sans office « Le café n’est plus alors un lieu profane, ce coin de terre qui nous semblait tourner le dos… »

Ainsi, Madeleine et ses compagnes nous rappelle qu’il n’y a plus de barrière entre le sacré et le profane car Dieu est présent en chacun de nous, en tout lieu et nous sommes tous appelés à la sainteté.

  Si nous laissons habiter par sa grâce, cette autocommunication que Dieu nous fait en son fils Jésus incarné dans le monde alors nous pourrons nous ajuster à sa volonté et vivre notre mission là où il nous envoie.

Je nous souhaite à tous de continuer à vivre des chemins de fraternité là où nous sommes en vivant en coude à coude avec nos frères.

  Ainsi, comme le dit Madeleine, « nous pourrions vivre notre vie non comme un jeu d’échecs où tout est calculé, non comme un match où tout est difficile, non comme un problème qui nous casse la tête, non comme une dette à payer mais, comme une fête, comme un bal, comme une danse entre les bras de votre grâce. »"[3]  [1] Gilles François et Bernard Pitaud, La vocation selon Madeleine Delbrêl , Nouvelle Cité, p. 47  . [2] Ibid., p. 57 [3] Madeleine DELBRÊL, Humour dans l’amour, Nouvelle Cité, p. 32

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